Un travail élaboré de longue date par « Dame Nature »
Il y 300 millions d’annĂ©es, une vaste chaĂ®ne de montagnes couvrait la rĂ©gion, oĂą abondaient des forĂŞts luxuriantes dont les bois progressivement ensevelis sur place donnèrent le charbon (carbonifère). Il y a 200 millions d’annĂ©es, le climat devint ensuite de plus en plus sec et mĂŞme dĂ©sertique (Trias). Ă€ cette Ă©poque la chaĂ®ne de montagnes fut totalement arasĂ©e. Et 100 millions d’annĂ©es plus tard, une mer peu profonde, bordĂ©e de rĂ©cifs, recouvrait la rĂ©gion. Des sĂ©diments calcaires se sont alors dĂ©posĂ©s sur fond de sable et d’argile rouge, sur les terrains du bassin de Sare. Bien plus tard et pendant des millions d’annĂ©es, les eaux qui dĂ©valait du pic Atxuria ont perforĂ© et sculptĂ© le merveilleux labyrinthe souterrain que sont les grottes de Sare.
Sare, village typique du Pays basque, rĂ©vĂ©lera au touriste attentif un aspect inattendu et passionnant : ses grottes prĂ©historiques. En effet, le territoire de Sare abrite un nombre important de cavitĂ©s calcaires dont la formation est liĂ©e aux cours d’eau qui le traversent, et qui donne â ce village habitĂ© dès la prĂ©histoire le caractère d’une ville souterraine. Grottes, cavernes, abris, tunnels alternent avec les gouffres, pertes et rĂ©surgences de nombreux ruisseaux qui parcourent ce monde mystĂ©rieux, la Nivelle, qui vient des montagnes du Baztan, s’échappe de la vallĂ©e d’Urdax (Navarre) en contournant la chaĂ®ne qui fait suite du cĂ´tĂ© nord â Peña Plata, ou pic Atxuria (du basque aitzchuri : pierre blanche), altitude 757 mètres. Les pierres en grès rose (grès perso triasiques) de ce sommet suintent par moments et brillent au soleil : on raconte que c’est le linge que les sorcières y ont Ă©tendu pour le faire sĂ©cher ; mais cela signifie surtout qu’il va pleuvoir. (Cette brillance est due aux psammites très micacĂ©s.) La Nivelle enfle ensuite son dĂ©bit de toutes les eaux qui descendent, ses flots passent sous les crĂŞtes, franchissant la frontière comme en contrebande, alore que le mot « frontière » Ă Sare, n’a jamais signifiĂ© grand-chose. Les montagnes Ă©tant en majeure partie de constitution calcaire, l’eau a percĂ© cette matière tendre de galeries. C’est lĂ que les hommes primitifs trouvèrent des cavernes dont ils firent leur demeure On peut imaginer qu’ils furent attirĂ©s en grand nombre en ce lieu, qui est l’un des passages les plus faciles de PyrĂ©nĂ©es et, par consĂ©quent, une voie de migrations Ă toutes les Ă©poques.

